6 avril 2015

Road-trip Californie - Southern California

Une Dodge Charger sur le Santa Monica Pier à L.A.

Southern California

La première semaine concernait le sud de la Californie, ce que les Américains appellent Southern California ou SoCal. Comme en France, on retrouve une dualité nord/sud dans cet état, aussi bien géographique que culturelle, et un Californien précisera généralement s'il est originaire de northern ou southern California. Le territoire sud-californien est plus restreint que celui du nord et se caractérise par un climat chaud et désertique alors que le nord est plus arrosé. La ville principale est évidemment Los Angeles et son american way of life, mais on y trouve aussi la méconnue San Diego, petite sœur partagée entre ses courants hippies, sa proximité avec le Mexique et sa base navale de l'US Navy. Enfin, le sud de la Californie abrite les déserts typiques du Far West dont certaines parties sont dorénavant protégées dans des parcs nationaux.

Le programme de ce début de voyage était le suivant : trois jours complets à Los Angeles, un jour de transition vers San Diego avec un arrêt improvisé à Long Beach, puis deux jours à San Diego et de nouveaux deux jours pour traverser tranquillement les déserts en direction de Las Vegas.

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The Streets of LA

"New York: one person, a thousand stories - Los Angeles: a thousand persons, one story" (New York : une personne, milles histoires - Los Angeles : milles personnes, une histoire), tel est le diction populaire sur la côte est des États-Unis. Car il est un fait certain : Los Angeles ne laisse personne indifférent, y compris dans son propre pays. Ensemble de quartier-villes autonomes, royaume du tout automobile, capitale mondiale du cinéma et du divertissement, Los Angeles est une ville unique qui représente une certaine idée de l'Amérique.

"Let's show these fools how we do this on that west side. Cause you and I know it's tha best side." - California Love - 2Pac

Los Angeles, c'est la west coast des films, clips et autres séries. Celle des gens bronzés, des voitures rutilantes et d'une vie superficielle finalement bien formatée. Et même si la réalité ne correspond que de loin à la fiction, cet imaginaire rend la visite très particulière. Il suffit de se rendre à Venice Beach voir les joggers, le skate-park et les sauveteurs pour penser instantanément à Alerte à Malibu. Moi, j'ai adoré l'ambiance. Car parcourir Los Angeles, c'est se remémorer un élément de la culture populaire américaine à chaque coin de rue. Sans ces références, je veux bien croire que la balade soit un peu décevante.

En effet, en raison de sa superficie, la ville n'est pas adaptée au tourisme, du moins pas au tourisme tel qu'on le pratique en Europe ou même dans le nord-est des États-Unis. La voiture y est reine et indispensable, rendant difficile les visites à pieds. Mais plutôt que de considérer cela comme une contrainte, l'idéal n'est-il pas de louer une Ford Mustang décapotable et de parcourir les avenues bordées de palmiers cheveux au vents et rap/rock west coast dans les oreilles ?

Même au volant de notre minivan familial, je garde un très bon souvenir de nos balades en voiture car cela faisait partie de l'expérience, et aussi car on a plutôt bien évité les embouteillages. À part ça, il faut souligner le centre-ville refait à neuf et très agréable avec sa mairie offrant une vue panoramique sur la ville et sa grande esplanade en escalier. J'ai en revanche été assez déçu par Hollywood Boulevard, sans réel intérêt intérêt hormis deux-cents mètres qui rassemblent tous les lieux emblématiques dont le Chinese Theatre et ses empreintes dans le ciment. Enfin, nous avons passé le dernier jour à Universal Studio, divertissant mais qui ne vaut pas les parcs à thème que j'ai pu faire en Europe.

Au final, j'ai beaucoup apprécié Los Angeles. Ce n'était ni la ville la plus sympa, ni la plus jolie de notre séjour, mais c'est certainement celle que je choisirais pour venir passer un mois et expérimenter cette vie locale qui contraste tant avec notre mode de vie européen, à peine effleurée en quatre jours.

Le meilleur moyen de visiter Los Angeles

San Diego

San Diego est rarement intégrée dans les road-trips de la côte ouest-américaine : c'est bien dommage. Elle m'a été conseillée par Jesse, qui y a vécu pendant cinq ans, et restera l'un des meilleurs souvenirs du séjour.

On ne peut pas en dire autant de l'étape à Long Beach sur la route de San Diego. Cette ville, qui a vu naître Calvin Cordozar Broadus Jr. dit Snoop Dogg, accueille le paquebot Queen Mary transformé en hôtel/musée. Si la visite est intéressante, nous avons malheureusement testé la coutume locale qui consiste à se faire voler des sacs dans la voiture. "It's part of the local experience" nous ont dit les policiers venus prendre notre déposition. En guise de consolation, nous garderons un souvenir mémorable de ces policiers tout droits sortis d'une série B et qui faisaient aussi partie de l'expérience. Toujours sur la route de San Diego, nous avons fait un rapide arrêt dans la ville de Carlsbad car on y trouve les locaux de Rockstar San Diego, une société de jeu-vidéo qui a grandement participé à créer notre imaginaire américain avec des jeux comme GTA ou Red Dead Redemption (ce dernier est développé par le studio de San Diego). Il fallait bien prendre une photo devant leurs bureaux, non ?

J'en arrive enfin à San Diego, une ville de taille bien plus abordable que Los Angeles même si la voiture y reste indispensable. Saviez-vous que si on se limite à la population de la municipalité, elle est la deuxième plus grande ville de Californie, en plus d'en être la plus ancienne ? Mais c'est surtout une ville qui propose beaucoup de choses à visiter tel que le Balboa Park absolument magnifique, le quartier branché de Gas Lamp dans le centre-ville, les zones côtières avec tout particulièrement les Sunset Cliff, ou encore le Old Town, village historique fondé au XIXe siècle. Nous ne sommes restés que deux jours mais aurions pu y rester le double tant il y a de choses à voir. Et puis il règne dans cette ville une ambiance assez relax, par opposition à la suractive Los Angeles.

A noter enfin que le port de San Diego abrite une immense base de l'US Navy qui sert de port d'attache à la flotte du pacifique, rien que ça. On y trouve également le porte-avion/musée USS Midway rempli de vétérans près à accueillir les touristes. Cette population (ex-)militaire rend la ville plus conservatrice que le reste de la Californie, chose que l'on ne se ressent pas forcément sur les plages de surfers à l'ambiance très hippie.

Une maison au bord des Sunset Cliffs à San Diego

Les déserts californiens

Après six jours passés en ville, il était grand temps de s'aventurer dans l'intérieur des terres en quête de paysages désertiques. Nous sommes d'abord passés par la ville de Palm Desert qui, avec la proche Palm Spring, est appréciée des stars d'Hollywood qui viennent y passer leurs week-ends loin du tumulte de Los Angeles. Il paraît même que Leonardo Di Caprio habite à Palm Spring quand il n'est pas sur un tournage à tenter d'obtenir cet Oscar qu'il mérite tant. À part ça, il s'agit d'une ville construite au milieu du désert avec des routes toutes plus perpendiculaires les unes que les autres. Notre fait notable dans cette ville restera l'expérimentation de la chaîne de fast-food Jack In The Box et tout particulièrement leurs buttery burgers. Oui, ce sont bien des hamburgers plein de beurre dont le taux de graisse explose tout ce qui est imaginable. Une horreur.

Plus intéressante fut notre étape suivante : le Joshua National Park qui, sans être aussi impressionnant que les parcs visités par la suite, propose des paysages typiques du coin, entre étendues désertiques, grande concentration d'arbres de Josué et cactus Cholla. Ces cactus sont d'une grande agressivité puisqu'ils "attaquent" les impétueux qui oseraient les toucher, une vraie saloperie - pardon my french (j'adore cette expression qui veut dire "excusez mon langage").

La Mojave Preserve, elle aussi gérée par l'organisme des parcs nationaux et dernière étape avant Las Vegas, est très similaire au Joshua Park. Son principal intérêt est le chemin de fer qui passe en plein milieu et dont l'ancienne gare a été totalement retapée pour retrouver son aspect du début du XXe siècle. Si aujourd'hui plus aucun train de voyageur n'y passe, il reste les nombreux et interminables trains de marchandises qui permettent de s'imaginer ce que devait être la conquête de l'ouest dans laquelle le rail a joué un rôle central.

En tout cas cette incursion dans le cœur de la Californie fut un sacré changement d'ambiance. Finies les grandes agglomérations bouillonnantes d'activités et bonjour les patelins-étape aussi déserts que le reste du paysage. C'est là qu'on se rend compte de l'immensité du territoire.

Un cactus Cholla dans le Joshua Tree National Park

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