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| Le Golden Gate Bridge à l'entrée de la baie de S.F. |
Northern California
D'un point de vue territorial, la Californie du Nord regroupe les deux-tiers nord de l'état dont la baie de San Francisco et les agglomérations de Sacramento et Fresno. Ce que les Américains appellent Northern California se situe ainsi d'avantage au centre de l'état, le reste étant recouvert de forêts et peu peuplé. Au départ de Sacramento, il faut rouler 750 km plein nord pour trouver une ville de plus de 100 000 habitants (Eugene en Oregon) ; ajoutez le Pacifique à l'ouest, la Sierra Nevada à l'est et le Mexique au sud, vous obtenez un état isolé du reste du pays. Rien d'étonnant dans ces conditions à ce que la Californie se soit développée dans son coin et représente une terre nouvelle et un lieu d’opportunités.
En opposition à la Californie du Sud et son american way of life, la Californie du Nord est plus traditionnelle et culturellement plus proche du nord-est des États-Unis (en particulier la Nouvelle-Angleterre), lui même plus proche de la culture européenne. Ainsi, de nombreux touristes et expatriés européens se sentent plus à l'aise dans ces parties des États-Unis en raison du choc culturel moindre. Durant mon V.I.E., mon chef m'a expliqué, après avoir énormément voyagé, qu'il ne se verrait vivre que dans deux villes américaines : Boston et San Francisco. Pas plus tard que la semaine dernière, je suis tombé sur cet article qui souligne les similarités entre les deux villes, et par extension les régions qui les entourent. Un petit air de déjà-vu pour moi donc, mais petit seulement, nous sommes tout de même sur la côte ouest !
Le programme de cette fin de road-trip était une journée au sud de San Francisco, une journée pour remonter vers la ville et deux à quatre jours pour en faire la visite selon les personnes.
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La Bay Area
Une fois sortis de la Sierra Nevada, nous avons retrouvé l'océan au niveau de Monterey, une station balnéaire au sud de San Francisco. Malheureusement, s'il y a bien une partie du voyage qui a souffert de la période hivernale, c'est celle-ci. La ville et la côte avoisinante m'avaient été conseillées par plusieurs personnes... qui s'y étaient rendues en été. En hiver c'est un peu comme Trouville en avril : ce n'est pas totalement mort, mais il manque le parfum estival. Nous avons cependant trouvé d'autres motifs d'intérêts que la plage, comme partir à la recherche de Clint Eastwood dans sa ville de Carmel-by-the-Sea, adjacente de Monterey. Ce bon vieux Clint en a été maire dans les années 80 et il paraît qu'il se balade parfois dans le centre-ville très bling bling, mais pas cette fois-ci... Plus au sud se trouve la Point Lobos State Reserve, connue pour ses colonies d'otaries et quelques jolis paysages marins. Ce n'est pas un immanquable, mais une fois sur place ça vaut la visite.
Le lendemain, nous sommes remontés tranquillement vers San Francisco en passant par la mission San Juan Bautista, la Silicon Valley et en prenant un bout de la fameuse Route 1 qui longe la côte. Si c'était à refaire, je supprimerais le passage par Monterey pour consacrer une journée complète à cette partie sud de la Bay Area. La mission San Juan Bautista est l'une des quinze missions fondées par les moines franciscains en Californie à la fin du XVIIIe siècle. Contrairement aux missions de San Diego, San Francisco ou San Jose, seul un petit village typique s'est développé autour, comme figé dans le temps, ce qui rend la balade atypique. Ensuite nous sommes passés en coup de vent par l'université de Stanford qui aurait mérité au minimum une demi-journée tant le campus est grand. Et puis nous aurions bien fait un tour vers les QG de Google, Apple, Facebook ou Yahoo qui sont tous dans la zone.
Un mot d'ailleurs sur le mythe qui entoure ces jeunes passionnés devenus milliardaires en fondant des sociétés informatiques "dans leur garage" comme si c'était à la portée de n'importe qui. Dans les faits, Google et Yahoo ont été fondées chacune par deux étudiants de Stanford, tout comme Hewlett Packard, la société par qui tout a commencé dans la Silicon Valley dès les années 1930. Facebook et Microsoft ont été créées par des élèves de Harvard. Seul Steve Jobs semble d'avantage correspondre au cliché de self-made man. Je ne retire rien au mérite de ces gens, mais on parle d'étudiants sortis des toutes meilleures universités américaines qui coûtent minimum 50K$/an. Il s'agit bien de l'élite du pays, qui contrairement à chez nous se balade en tee-shirts. L'esprit west coast.
Un mot d'ailleurs sur le mythe qui entoure ces jeunes passionnés devenus milliardaires en fondant des sociétés informatiques "dans leur garage" comme si c'était à la portée de n'importe qui. Dans les faits, Google et Yahoo ont été fondées chacune par deux étudiants de Stanford, tout comme Hewlett Packard, la société par qui tout a commencé dans la Silicon Valley dès les années 1930. Facebook et Microsoft ont été créées par des élèves de Harvard. Seul Steve Jobs semble d'avantage correspondre au cliché de self-made man. Je ne retire rien au mérite de ces gens, mais on parle d'étudiants sortis des toutes meilleures universités américaines qui coûtent minimum 50K$/an. Il s'agit bien de l'élite du pays, qui contrairement à chez nous se balade en tee-shirts. L'esprit west coast.
San Francisco Theme Park
Dernière étape de notre voyage : San Francisco. Nous n'avons donc visité ni la vallée de Napa, ni Sacramento, ni le Lac Tahoe. Comme je l'avais dit dans l'article de présentation, il nous aurait fallu une quatrième semaine pour vraiment tout faire. Dommage également que mes camarades n'aient pu passer que deux jours à San Francisco en raison de leur départ le samedi après-midi, alors que mon départ le dimanche soir m'a permis de passer deux jours supplémentaires bien nécessaires pour découvrir plus en profondeur la ville.
Car je vais être un peu sévère, mais les deux premiers jours à San Francisco m'ont donné l'impression d'être dans un parc d'attraction. Entre l'heure de queue pour prendre les cable-car, la visite d'Alcatraz façon troupeau de moutons, les voitures descendant la Lombard Street (la rue en serpentin) en file indienne et le Fisherman Wharf plus attrape-touriste tu meurs, je dois dire que j'ai un peu saturé du tourisme de masse. En même temps, le week-end juste avant le nouvel an chinois n'était peut-être pas le plus approprié, surtout pour éviter les touristes asiatiques dont je me garderais de tout commentaire. Hormis peut-être à New York l'été dernier, je n'avais pas trop ressenti cet effet négatif du tourisme aux États-Unis, mais San Francisco est l'une des villes les plus visitées du pays.
Voilà c'était mon petit coup de gueule, autrement il faut avouer que la ville propose une sacrée expérience. On ne trouve nulle part ailleurs de telles rues en pente, des cable-car du XIXe siècle en état de marche ou encore une île au milieu de la baie transformée en prison. Mais le clou du spectacle restera pour moi le Golden Gate Bridge. Je ne pensais pas pouvoir être impressionné à ce point par un pont dont le style imposant et métallique m'a laissé sans voix, à tel point que la seule comparaison qui vienne à mon esprit de Parisien est la tour Eiffel. Certes, un pont et une tour n'ont pas grand chose en commun, mais vous en voyez d'autres des ouvrages de métal aussi majestueux ?
San Francisco
Maintenant que j'ai parlé des attractions touristiques célèbres de San Francisco, il est temps de m'attarder sur la culture de cette ville.
Premier point très important : San Francisco est une ville historique des États-Unis (plus de 120 ans d'histoire). Il y en a d'autres sur la côte est, dont évidemment Boston où tout a commencé, mais aucune à l'ouest à part peut-être San Diego; Los Angeles est par exemple une pure création du XXe siècle. Car vous le savez sûrement, San Francisco est la ville emblématique de la ruée vers l'or débutée en 1849, d'où le fameux fourty-niners qui désigne cette population nouvelle de chercheurs d'or ensuite repris par l'équipe de football américain locale (le sport roi à SF est le baseball, comme dans le nord-est de USA). Rendez-vous compte, la ville est passée de 1 000 à 25 000 habitants en deux ans. En plus des prospecteurs, sont également venus s'installer de nombreux hommes d'affaires en quête d'opportunités. C'est par exemple à cette époque qu'un certain Levi Strauss a créé les jeans très populaires auprès des chercheurs d'or, ou encore que messieurs Wells et Fargo ont créé la banque qui porte leur nom afin de stocker l'argent qui n'aurait pas été dépensé dans les saloons. Quelques années plus tard, ils s'étendront au transport de personnes, courrier et marchandises via leurs célèbres diligences.
Cette histoire fait de San Francisco une ville qui compte et comptera toujours, et ce même si elle a abandonné le leadership économique, démographique et médiatique régional à Los Angeles. Il en va de même pour Boston avec New York. Ces villes ont du se réorienter dans l'ombre de leur puissante voisine en se focalisant sur d'autres domaines, généralement plus intellectuels, tel que l'éducation, la médecine ou les nouvelles technologies, renforçant au passage leur situation politique avant-gardiste. San Francisco et Boston sont ainsi des villes qui ont une forte influence sur la politique intérieure des États-Unis. Ce n'est pas forcément quelque chose que l'on perçoit depuis l'étranger car notre attention est focalisée sur la politique extérieure (c'est à dire Washington) et sur la globalisation du mode de vie américain (dont Los Angeles et New York sont les vitrines). Mais San Francisco, comme la région de Boston, sont des bastions démocrates et points de départ de nombreux mouvements contestataires, dont l'exemple le plus fameux est la vague hippie démarrée à San Francisco dans les années 1960, ou encore les mouvements liés à la cause gay.
Revers de la médaille, San Francisco s'est largement embourgeoisée au cours du XXe siècle et se trouve parmi les villes les plus chères des États-Unis. Additionné au dur retour à la réalité du mouvement hippie dans les années 70 puis à la politique ultra-libérale de Reagan des années 80 (qui a été gouverneur de Californie avant d'être président), la ville a vu sa population de sans-abris exploser. J'ai retrouvé ce que j'avais déjà constaté à Portland, soit la démonstration empirique des fortes inégalités engendrées par le capitalisme libéral américain. En l'espace de trente minutes, je me suis reposé dans le square d'un quartier huppé rempli d'étudiants favorisés dont certainement finiront sûrement ingénieurs chez Apple ou Google, pour ensuite descendre la rue et me retrouver dans le Tenderloin, un quartier pauvre où l'on croise des sans-abris au regard vide terrifiant (certainement à cause de la drogue). Un bloc de rues plus loin j'étais en centre-ville au milieu des touristes.
En quittant la ville, la dame qui partageait la navette pour l'aéroport avec moi m'a dit : "So much homeless, I could not live here" (Trop de sans-abris, je ne pourrais pas vivre ici) et je dois dire que je la rejoins. Tout au long de ce blog, j'ai souligné mon attachement au modèle social français au fur et à mesure que j'étais confronté au modèle plus libéral américain. L'ironie du sort a voulu que je termine cette expérience par San Francisco, ville tolérante et ouverte d'esprit, mais qui illustre mieux que tout autre les extrêmes sociaux engendrés par la société américaine.
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| Défi Oracle de la Coupe de l'America s'entraînant dans la baie de S.F. |





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