13 février 2014

Keys - Miami : ambiance !

Dernier article sur mon voyage en Floride, il me reste à aborder les Keys et Miami. Nous sommes ici à l'extrême sud de l'état et par la même occasion des États-Unis. Commençons par les Keys que j'ai parcourues en deux jours, l'aller le mercredi après-midi et le retour le lendemain après une nuit à Key West. Si vous faites un jour les Keys, n'imaginez pas faire ça en une journée, vous allez comprendre pourquoi.


Sur la route des Keys

Les Keys sont un archipel d'îles reliées par la route. Dis comme cela, ce n'est pas impressionnant, donc je recommence. Les Keys sont un archipel d'une soixantaine d'îles reliées par 205 km de route dont une bonne partie faite de ponts au dessus de la mer (voir carte ci-dessus). Franchement, il faut le voir pour le croire : rouler pendant trois heures avec la mer de chaque côté avant d'atteindre enfin Key West, la ville au bout du bout, n'est pas chose courante. À mes yeux, les Keys sont une représentation ultime du tout voiture à l'américaine. J'ai du mal à concevoir que l'on finance des centaines de kilomètres de routes en béton au dessus de la mer pour relier des îles et au passage gâcher le paysage, mais ça doit être mon côté écolo qui parle.

Pour autant, faire la route des Keys est une expérience unique. La première île s'appelle Key Largo et on y trouve un Parc d'État. J'ai déjà abordé ce concept avec la Shark Valley, mais il est intéressant que je fasse un petit aparté sur le sujet. En effet, les Parc d'État sont gérés et financés par l'état local, ici la Floride. Il ne faut pas les confondre avec les Parcs Nationaux (tel les Everglades), immensément plus grands et gérés par l'État Fédéral. L'entrée dans les Parcs d'État est soit gratuite, soit très raisonnable (5 à 10 dollars). Il n'y pas de building construit n'importe où, pas de route sur la mer, pas de publicité, pas de villa privée qui squatte la plage. On se sent enfin en milieu naturel. À l'intérieur on y trouve des activités dignes d'intérêt et toujours dans le respect de l'environnement. Donc un conseil si vous voyagez aux USA : cherchez les Parcs d'État (et bien sûr les Parcs Nationaux). Mais revenons au parc de Key Largo qui proposait des excursions pour faire de la plongée sur des épaves et des récifs de coraux. Malheureusement je n'avais pas assez de temps et je me suis contenté d'un tour en kayak dans la mangrove, ce qui était tout de même original. Ce parc est facilement accessible depuis Miami, je conseille d'y faire un tour si vous y allez un jour (surtout pour la plongée).

Ensuite j'ai continué ma route vers les îles suivantes et je me suis arrêté au pont des Seven-Mile (11 km), le plus long sur le chemin. Ou plutôt les plus longs car il y en a deux, un ancien et un nouveau. L'ancien faisait partie d'une voie de chemin de fer achevée en 1912 par la Florida East Coast Railway, une société privée, et exploitée jusqu'en 1935. Cette année là, une grosse tempête a tellement endommagé les voies que la société n'a pas voulu les réparer et a vendu ce qui en restait à l'état de Floride pour 640 000 $. A cette époque, la folie automobile était déjà en marche et la voie de chemin de fer a été transformée en route. Dans les années 80, de nouveaux ponts en béton ont remplacés les anciens qui sont toujours là, soit laissés à l'abandon, soit transformés en voies piétonnes à leurs extrémités comme pour le Seven-Mile Bridge.

Après cet arrêt, je suis reparti et j'ai roulé, et encore roulé... La route des Keys est interminable. Je suis passé, entre autre, par Key Deer, une île avec une espèce de cerf unique au monde, coincée là au terme d'une ère glacière. Puis à force de rouler j'ai fini par atteindre Key West, une ville différente de ce que j'avais vu jusqu'alors. En effet et dès les premières rues j'y ai vu d'avantage de scooters que depuis mon arrivée aux États-Unis. Key West est une ville qui correspond d'avantage à mes standards de station balnéaire : elle est de taille humaine, très piétonne avec de petites routes bordées de maisons, des restaurants en bord de mer, des bars, etc. Même les américains apprécient de pouvoir abandonner leur voiture de temps en temps, ce qui rend le coin très huppé et cher. Il faut aussi préciser qu'il n'y a pas de vraie plage à Key West, seulement des petits bouts de sable amenés artificiellement.

Malheureusement, le lendemain fut une journée pluvieuse et j'ai visité Key West tant bien que mal en restant beaucoup dans ma voiture. J'ai par exemple vu le Southern Most Point of Continental USA, appellation usurpée puisqu'il s'agit à la base d'une île, mais bon. Puis j'ai pris le chemin du retour vers Miami et je me suis arrêté à Bahia Honda Key, une île intégralement gérée par un Parc d'État avec une jolie plage d'un côté, et une superbe vue sur l'autoroute sur l'ancien Seven-Mile Bridge de l'autre. Après avoir roulé et encore roulé, j'ai enfin atteint Florida City, lieu de mon dernier motel à 45 km au sud de Miami. Cette ville n'a aucun intérêt mais c'est le seul endroit où l'on trouve des hôtels à prix abordable au sud de Miami.


Vice City

Avant de parler de Miami, il faut que je décrive rapidement ce que représente cette ville dans mon imaginaire. Pour moi, c'est avant tout la ville de Scarface et de GTA : Vice City. Une ville où le soleil se couche 24h sur 24h derrière un belle route bordée de palmiers le long de la plage. Quand je pense à Miami, je pense aux années 80, à Push it to the limit et She's on a fire. Je pense aux belles voitures, aux filles en bikini, aux cocktails dans les bars en bord de mer. Je caricature un peu, mais il faudra tout de même que j'aborde un jour l'importance d'Hollywood, des séries et de la musique américaine dans l'image que l'on se fait de ce pays, et par extension de son attrait.

Mais revenons à Miami et plus spécifiquement à Miami Beach, qui est une commune spécifique au sein de la ville. Miami Beach est située à l'est de Miami, c'est une longue bande de terre qui fait face à l'océan Atlantique. À la base c'était une île, mais on peut maintenant y accéder depuis Miami via plusieurs routes. Ces routes permettent également d'accéder à d'autres îles privées remplies de villas, exactement comme celle de Tony Montana dans Scarface. Il y en a même une qui s'appelle la Star Island. Au sud de Miami Beach se trouve la logiquement nommée South Beach. C'est the place to be. La moyenne d'âge sur la plage n'a rien à voir avec celle de Naples ou Sarasota. Ici les gens sont jeunes, beaux, bronzés et parfois bien refaits. Il y a aussi énormément de touristes. C'est la seule plage des États-Unis où le topless est toléré pour les femmes. Il n'est pas rare non plus de croiser des hommes en maillot de bain (ce qui ne se voit pas ailleurs, tous en short de bain), mais attention car ce sont surtout les gays qui le font. Messieurs, à vous de voir si vous voulez vous faire aborder par de beaux jeunes-hommes bronzés ou pas.

Le soir, tout ce beau monde se retrouve sur l'Ocean Drive dans le quartier Art Déco. C'est la fameuse avenue que l'on voit tout le temps dans les films avec des hôtels-bars-restaurant de style années 30-50 tout en couleurs. Il faut d'ailleurs savoir que le quartier était pauvre jusqu'à ce que la série Miami Vice le rende à la mode et en face l'un des coins les plus branchés des États-Unis. En tout cas une chose est sûre, l'ambiance Hollywoodienne est bien présente sur l'Ocean Drive. Il suffit de s'asseoir à un bar et d'admirer le spectacle : bimbos aux tenues plus qu'osées, voitures de luxe qui paradent sur la route, musique à fond dans les bars, joggeur et joggeuses bronzés qui passent en tenue légère et plus globalement tout le monde qui sirote des cocktails en revenant de la plage. C'est vraiment un monde à part que j'ai beaucoup apprécié. Si je devais revenir en Floride, je le ferais dans un bel hôtel avec piscine le long de la South Beach, tant pis si ça coûte au minimum 150$ la nuit. C'est un truc à faire pour trois jours afin de découvrir d'avantage ce monde extravaguant, surtout quand la nuit tombe.

Oui mais Miami alors ? Et bien il n'y a pas grand chose à voir. Ce que je retiens de Miami hors Miami Beach, c'est qu'il s'agit d'une ville latino bien plus qu'américaine, du moins dans certains quartiers. Par moment tout était écrit en espagnol. Après je ne peux pas prétendre avoir tout vu, la ville est beaucoup trop grande pour cela, mais elle ne déroge pas à la règle des autres villes de Floride et d'une grande partie des États-Unis : elle est récente. Miami, tout comme Orlando, ne comptait que deux mille habitants en 1900. Ces villes ont explosé à partir des années 30 avec l'afflux d'américains et d'immigrés en quête de travail. Tout y a été construit à angle droit, sans aucun style (hormis peut-être le quartier cubain de Miami) et il n'y a pas de site historique. Miami a au moins le mérite de proposer des palmiers et pelouses bien entretenues le long des routes, mais c'est là que je me rend compte de ma chance d'être à Boston, une ville chargée d'histoire qu'il est possible de parcourir à pied ou en transports en communs.

Mon bilan de ce voyage en Floride est que j'aurais vu beaucoup de choses différentes. Le Kennedy Space Center et les Everglades resteront des expériences inoubliables. Miami Beach et les Keys proposent une ambiance différente que j'ai finalement beaucoup apprécié, surtout l'Ocean Drive. J'ai en revanche été déçu par la côte ouest qui n'a rien d'autre à proposer que de belles plages. J'ai aussi eu un aperçu de ce qu'est la "vraie" Amérique faite de routes droites interminables. Ce week-end je suis allé skier dans le Vermont et j'ai roulé sur de petites routes sinueuses de campagne, qui plus est enneigées, ce qui m'a procuré un plaisir que je n'imaginais même pas. La Nouvelle-Angleterre c'est vraiment pas mal en fait !


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