7 février 2014

Du New Hampshire à Orlando

Avant de parler de mes vacances en Floride la semaine dernière, je souhaite aborder le week-end précédent.

La petite maison dans la forêt

En effet Jesse, mon colocataire-propriétaire, m'a invité chez ses parents dans le New Hampshire, mais pas n'importe où dans le New Hampshire. Souvenez-vous, je vous ai déjà présenté le lac Winnipesaukee dans cet article. Et bien les parents de Jesse possèdent une propriété de carte postale le long de ce lac. Imaginez une petite maison en bois au milieu d'une forêt enneigée, un ponton se jetant sur un lac gelé. À l'intérieur, un salon avec de grandes baies vitrées donnant sur le lac. Un canapé et un fauteuil font face à une cheminée, le tout sous un chandelier fait de bois d'élan. Vous y êtes ?

Première chose que me disent les parents de Jesse : "C'est plus sympa l'été, on sort le bateau pour aller sur le lac".  Ah bon d'accord ! Je vais déjà de me contenter d'apprécier le cadre hivernal, d'autant que j'ai été accueilli comme à l'hôtel. J'avais une belle chambre avec un poster de Chamonix Mont-Blanc à l'entrée, des serviettes soigneusement pliées sur un meuble, une petite bouteille d'eau sur la table de nuit. Jesse leur avait parlé de moi et ils voulaient me rencontrer, discuter de leurs voyages entre autres. C'était chouette car ce sont des gens très intéressants, ils ont sillonnés les États-Unis dans tous le sens et ont voyagé plusieurs fois en Europe dont deux fois en France (randonnée dans les Alpes et sur la côte d'Azur). Ils s'occupent aussi d'entretenir des chemins de randonnées sur une colline près de chez eux. Bref ils ont beaucoup de choses à raconter, en plus de très bien recevoir.

Le samedi, Jesse et moi sommes allés skier dans une station nommée Loon Mountain, pour le moment la meilleur station que j'ai essayée malgré un tarif prohibitif (80$ la journée). Bon en fait toutes les stations sont très chères dans le coin, au minimum 70$ la journée, à comparer avec un forfait jour à Val Thorens de 50€ (pour un domaine skiable incomparable). Je ne me suis pas penché de près sur la question, mais je ne serais pas étonné que les stations américaines soient gérées par des sociétés intégralement privées un peu comme des parcs d'attractions, alors que les stations françaises reposent d'avantage sur des capitaux publics. Le capitalisme à l'américaine quoi. Ou alors cela tient au fait que les Américains font du ski à la journée et non à la semaine. Ainsi, les stations se résument aux remontées mécaniques et à un camp de base pour se changer et manger. Il n'y a pas de village au pied des pistes comme en France, il n'y a aucune activité d'après ski. Quand la journée est finie à 17h, on prend sa voiture et on rentre chez soit. Du coup l'argent se fait quasi-exclusivement sur les remontées mécaniques alors qu'en France les stations fonctionnent à la semaine avec nuits d'hôtels, restaurants et autres activités. C'est un business plus large.

Heureusement, je n'ai pas encore payé plein-pot une seule fois car nous trouvons toujours des promotions. Par exemple cette fois-ci nous avions une place gratuite grâce à la mère de Jesse. J'ai également un collègue de boulot qui se fait une spécialité de trouver des bons plans pour skier. Ce fut en tout cas une très belle journée où j'ai pu faire de bonnes descentes en snowboard. Je sens que mon niveau s'améliore et ça c'est cool. Le dimanche matin nous sommes allés faire un tour sur la fameuse colline que les parents de Jesse entretiennent avec leur association. Nous avons marché dans la neige en forêt afin d'accéder à un superbe point de vue sur le lac gelé. J'ai vraiment passé un super week-end qui a confirmé une fois de plus que l'accès à la mer, aux lacs et aux montagnes sont ce que j'apprécie le plus ici, d'autant que les paysages et les activités changent avec les saisons.


Un petit voyage pour un homme, un grand lot de souvenirs

Le problème lorsque l'on voyage en hiver, c'est le mauvais temps. Une tempête de neige (nous en sommes déjà à cinq pour cet hiver) et beaucoup de vols sont annulés. Je devais partir pour la Floride le samedi et évidemment la météo annonçait de la neige ce jour là, sinon ce ne serait pas drôle. Mais heureusement il ne s'agissait que de petits flocons et non d'une tempête ; j'ai pu voyager sans aucun problème avec une escale à Baltimore. Lors de mon arrivée à l'aéroport d'Orlando, mon loueur de voiture n'était pas directement sur le site et il fallait prendre une navette. Le chauffeur de cette navette avait fait ses études à Boston. Quand je lui ai demandé ce qu'il pensait d'Orlando, il m'a répondu : "C'est différent de Boston, il faut tout le temps prendre sa voiture". Je ne le savais pas encore, mais cette phrase allait résumer une bonne partie de mes vacances en Floride. J'ai fait 1700 km en sept jours. Mais ça en valait la peine.

Orlando, qui n'est que la vingt-sixième plus grande ville des USA, se targue d'être la première ou deuxième ville la plus visitée du pays (selon les années). Un surnom de la ville est "La Capitale Mondiale des Parcs d'Attraction", ce qui explique son attrait aussi bien pour les touristes que pour les professionnels (il y a énormément de salles de congrès dans les parcs). Dès l'arrivée à l'aéroport, il y a des pubs partout pour le Walt Disney World Resort, qui fait la taille de Paris et contient pas moins de six parcs ; et le Sea World, pour lequel je vous invite à regarder le documentaire Blackfish. Il y a aussi un parc Universal Studio et d'autres moins connus. Quand j'étais encore dans l'avion et que nous venions d’atterrir, un petit garçon devant moi a regardé par le hublot et a dit à sa mère : "Mais maman, nous ne sommes pas en Floride !" - "Pourquoi ?" - "Je ne vois pas le château de Disney..."

Les parcs d'attraction sont d'ailleurs la raison première pour laquelle j'ai atterri à Orlando. Pourtant je n'ai fait aucun des parcs sus-nommés puisque je me suis rendu dans un parc d'un genre particulier car rien n'y est artificiel : le Kennedy Space Center de Cap Canaveral (une heure à l'est de la ville). C'est de là que les Américains ont lancé toutes leurs fusées et navettes depuis les années cinquante. Pour l'anecdote, lors du tour de Nouvelle-Angleterre que nous avons effectués en octobre avec mes parents, nous avons croisé un australien dans un bar. Le gars était en train de faire le tour de la côte est-américaine en plusieurs mois. Quand je lui ai demandé ce qu'il avait le plus apprécié lors de son tour, il m'a parlé de deux choses : le Kennedy Space Center et le site de la bataille de Gettysbrug. Pour le premier il avait raison, c'est génial, pour le second nous verrons en août puisque j'ai déjà planifié de faire un tour à Gettysburg au terme d'un voyage avec Laurent & co.

Plus jeune, j'ai visité le Space Center de Houston avec mes parents, mais ma mémoire de poisson rouge ne se souvient de rien. J'ai aussi visité la Cité de l'Espace lors de mes six mois de stage à Toulouse en 2008, là aussi le souvenir est vague. Toutefois ce dont je suis persuadé, c'est qu'aucune de ces expos ne vaut le Kennedy Space Center d'Orlando. La supériorité de ce parc floridien tiens en trois éléments : le tour en bus dans Cap Canaveral, le hall du programme Apollo avec une immense fusée Saturn V et le hall Atlantis avec la vraie navette Atlantis. Et puis les américains ont ce sens de la mise en scène que j'apprécie énormément. Par exemple, le tour de bus est commenté en direct par le chauffeur, vous savez le genre de vieux de la vieille qui en connait un rayon et ajoute d'excellentes touches d'humour. Ensuite, chacun des halls commence par une mise en contexte tel qu'une vraie salle de contrôle pour le hall Apollo, dans laquelle on revit le compte à rebours du décollage d'une fusée comme si on y était. Dans le hall Atlantis, un film nous présente le programme des navettes spatiales et se conclut par une image de la navette au milieu des étoiles, avec une bonne musique hollywoodienne. Soudainement l'écran remonte dans un panache de fumée et la navette qui était à l'écran était en faite la vraie située derrière l'écran. L'effet est saisissant. Il y a aussi un simulateur type Star Tour qui nous fait vivre un décollage de la navette, une expérience mouvementée.

J'en raconte beaucoup, peut-être trop, mais il faut de toute façon le vivre soit même pour comprendre la réussite totale de ce parc. Si vous allez en Floride, faites absolument le Kennedy Space Center, vous ne le regretterez pas. En revanche, vous pouvez sauter la case Orlando que j'ai rapidement visité et qui n'a rien d'intéressante. Un étang avec les buildings en arrière-plan, une ou deux rues avec un peu de style et basta. Le reste, ce sont des routes perpendiculaires partout. Lorsque je suis reparti d'Orlando vers l'ouest, j'ai roulé pendant cinquante kilomètres sur ce qui allait être la route typique de mon début de voyage : tout droit, des feux, deux ou trois voies dans chaque sens et une voie centrale servant à tourner, le tout bordé par des centaines de commerces, non-stop. Un peu déprimant.


2 commentaires:

  1. Salut Arnaud
    Je reviens sur le prix des stations. En fait 50€ valent 69$. Donc on est sur les memes montants. Si en plus on prend en compte le pouvoir d'achat je me demande si ce n'est pas plus accessible aux states.
    En plus comme tu le dis faire a peu près le même prix avec des investissements privés.... deviendrais je hyper-liberal
    Bis
    Gilles

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  2. Mon exemple n'est pas terrible car je compare l'une des tops station française à une petite station du New Hampshire.

    70$ ce sont vraiment les plus petites stations. Les plus grandes stations de Nouvelle-Angleterre comme Bretton-Woods, Loon et Killington coûtent respectivement 82$, 81$ et 85$ la journée. Leur taille est comparable à ce que l'on trouve autour de Grenoble : Chamrousse, Les 7 Laux ou Viillar qui coûtent respectivement 32€, 33.5€ et 32€. La gamme de tarifs est aussi plus grande dans les stations françaises avec des tarif jeunes (jusqu'à 25 ans) et parfois jeune-seniors que ne proposent pas les américaines.

    Si on regarde les grandes stations américaines dans les Rocheuses, d'avantage comparable à Val Tho, par exemple Jackson Hole, Vail et Mammoth, on passe à 110$, 120$ et 100$ la journée.

    Enfin il faut savoir qu'ici la plupart des prix ne suivent pas le taux de change dollar-euros. Ou plutôt ils suivent un taux de change de 1 : même prix en dollars qu'en euros. Il est vrai que les Américains ont plus de pouvoir d'achat que nous (de manière générale ils consomment plus que nous), mais je pense toute de même que le ski reste plus cher que chez nous, au moins à la journée.

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