10 février 2014

En route sur la Tamiami Trail

Suite de mes aventures en Floride avec ci-dessous une carte de tout mon trajet durant la semaine.

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De bien vieilles terres

Après Orlando et le Kennedy Space Center le premier jour, j'ai pris la route du sud-ouest en direction de Sarasota en évitant les autoroutes. Une fois un peu éloigné d'Orlando, j'ai commencé à voir des paysages différents : des lacs, des routes toutes droites, des sites d'excavation, des routes toutes droites, un cimetière de pelleteuses, des routes toutes droites, de la forêt, des routes toutes droites. En m’enfonçant d'avantage dans les terres, j'ai fini par arriver dans des zones digne du Far West. Un moment je suis sorti de la route principale pour prendre une petite rue bordée de fermes, on se serait cru cent ans en arrière avec des pick-ups à la place des chevaux. Sur la moitié des propriétés, en lieu et place du traditionnel drapeau américain, était planté un drapeau des États Confédérés.

Après cette incursion rurale, j'ai fini par rejoindre la Tamiami Trail, une route qui relie Tampa et Miami, d’abord selon un axe nord-sud, puis selon un axe ouest-est à travers les Everglades. Entre Sarasota et Naples, les deux villes dans lesquelles je me suis arrêté, la Tamiami Trail n'est rien d'autre que la route déjà vue à Orlando : droite avec des commerces de chaque côté, sur des kilomètres et des kilomètres. Rien d'intéressant. Sur un autre sujet, on m'avait dit : "la Floride est pleine de vieux" et j'avais lu sur Internet qu'ils se concentraient surtout sur la côte ouest de l'état. Et bien c'est tout à fait vrai. Je ne pense pas avoir vu autant de retraités de ma vie en deux jours. Wikipédia nous dit que les plus de soixante-cinq ans représentent 45% de la population dans la ville de Naples (et les 45-64 ans 30% de plus), c'est bien ce que j'ai constaté.

Je n'ai rien contre les personnes âgées, mais elles sont tellement nombreuses dans ces villes balnéaires que tout est organisé autour d'elles. Il n'y par exemple pas de vrai centre-ville ou de coin qui bouge, et très peu de bars. Ce sont en général des retraités aisés, pour ne pas dire très riches, qui possèdent de magnifiques villas en bord de mer et font partis de clubs privés, en particulier ceux de golf, tout ceci étant évidement fermé au public. Ne restent alors que les beaux paysages et quelques plages publiques dont la Siesta Beach de Sarasota, considérée comme la plus belle plage des États-Unis pour son sable blanc magnifique. Moi je trouve que ça ne vaut pas les plages des caraïbes (Martinique, Guadeloupe).


Alligators au rapport

Après cette côte ouest pas super réjouissante, le mercredi a été une superbe journée durant laquelle j'ai traversé le parc des Everglades puis la totalités des Keys. C'est la journée où j'ai fait le plus de route avec pas moins de 400 km. Commençons par les Everglades, traversées de part en part par notre fameuse Tamiami Trail. Il s'agit d'un Parc National comme on en trouve d'autres dans les États-Unis, mais ici il n'est pas vraiment question de s'y balader librement. Vous pensez peut-être que cela est du aux fameux alligators, et bien pas vraiment en fait, mais j'y reviendrai. Le vrai problème est que les Everglades sont des marais, donc par définition très peu praticables. Le seul moyen de s'y promener est d'utiliser des aéroglisseurs (appelés speed boats), ce qui n'est pas vraiment à la portée de toute le monde en plus d'être strictement réglementé.

Mais alors que fait-on dans les Everglades ? Déjà on admire le paysage peu commun, surtout après avoir vu des kilomètres de routes bordées de commerces. Ensuite il y a différentes activités/curiosités le long de la Tamiami Trail : le plus petit bureau de Poste du pays, des prisonniers qui taillent des branches, des tours de speed-boat, des sites de camping, un village Indien et la Shark Valley. Cette dernière est un Parc d'État au sein du Parc National et je l'ai visitée non pas le mercredi, je n'avais pas le temps, mais deux jours plus tard après être revenu des Keys. Ce parc très basique consiste en une boucle goudronnée d'environ vingt kilomètres au milieu des Everglades, avec une tour de point-de-vue à mi-chemin. On peut la parcourir librement à pieds ou en vélo, mais j'ai opté pour le tour guidé en petit train. Pendant deux heures, un guide nous a montré et raconté la vie dans les Everglades, ce qui était passionnant. J'ai vu beaucoup d'oiseaux mais surtout des alligators pour dix ans, il y en avait partout le long de la route. 

Comme le disait si bien le guide : "En général, à moins de l'énerver, l'alligator nous ignore". En effet, il n'ont strictement rien à faire de nous. L'alligator est un animal qui se nourri toutes les deux à quatre semaines et dont le principal objectif dans la vie est de réchauffer son sang froid de reptile. En conséquence, il passe des heures à bronzer au soleil tout en évitant les mouvements brusques pour ne pas perdre inutilement de la chaleur. L'alligator est immobile, tel une statue, pratiquement imperturbable. Quand il se déplace, c'est avec une extrême lenteur, alors qu'il est capable d'atteindre les 40 km/h s'il le souhaite. Du coup à moins de faire n'importe quoi ou de se trouver dans une zone qui manque de petites proies (ce qui n'est pas le cas des Everglades), il n'y a rien à craindre des alligators, nous ne sommes même pas à leur menu. En vingt ans, il n'y a eu qu'un seul accident dans la Shark Valley - un enfant tombé dans l'eau et attrapé par un alligator qui l'a ensuite relâché (il s'en est sorti) - alors que tous les jours des gens se baladent sur la boucle à quelques mètres (voir centimètres) de dizaines d'alligators.

Je vous laisse sur une vidéo prise depuis le tram lorsque notre guide a fait bouger un alligator du milieu de la route. Je vous laisse apprécier son extrême vélocité.




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