23 octobre 2014

Sports US : le basketball et le hockey sur glace

Comme je le disais l'an dernier à la même époque, la fin octobre correspond au seul moment de l'année où les cinq sports majeurs sont pratiqués aux États-Unis. En baseball, les World Series opposent en ce moment même les San Francisco Giants aux Kansas City Royals. Les Red Sox ont terminé dernier de leur division et sont en vacances... La saison de football US est déjà bien entamée et les Patriots en sont à cinq victoires pour deux défaites, ce qui est pas mal du tout. Le soccer se termine très bientôt pour ce qui est de la saison régulière, avec les Revolutions deuxième de leur division et qui joueront les play-offs, comme l'an dernier.

Pour ce qui est des deux sports dont je vais vous parler aujourd'hui, le basket et le hockey, la saison vient tout juste de reprendre et se terminera en avril prochain, les deux sports partagent le même calendrier avec 82 matchs chacun. Même les grandes finales se jouent à tour de rôle, un jour basket, le lendemain hockey. Ce sont également tous les deux des sports d'intérieurs, parfois pratiqués dans la même salle omnisports comme à Boston avec le TD Garden ou New York avec le Madison Square Garden. Ces salles changent en permanence de configuration : parquet pour le basket, glace pour le hockey et estrade pour les concerts. Voici par exemple le programme de la semaine du 9/11 au TD Garden : lundi c'est hockey, mardi concert de Stevie Wonder, mercredi basket, jeudi concert de Usher, vendredi basket, samedi hockey et dimanche basket universitaire. Vous avez dit entertainment à l'américaine ?

Le basketball

Je ne vais pas expliquer les règles du basket comme je l'ai fait pour le football américain ou le baseball. C'est un sport très populaire chez nous, on en fait même en cours de sport. Tout juste puis-je aborder les différences entre le basket européen et le basket américain.

Il y a tout d'abord de subtiles différences en terme de règles. En effet les ligues européennes suivent la réglementation internationale (également utilisée aux J.O.), à savoir quatre périodes de 10 minutes, un panier à 3,05 mètres et une ligne des trois points à 6,25 mètres du panier. La NBA américaine impose quelques variations ; seul le panier est à la même hauteur, autrement les périodes font 12 minutes et la ligne des trois points est à 7,23 mètres. Il est donc globalement accepté que le basket américain est un peu plus difficile, du moins en terme de réglementation.

Une autre différence se situe dans la culture du jeu, les européens privilégient avant tout le jeu en équipe quand la NBA repose sur des joueurs stars qui marquent la moitié des points de leur équipe. Conséquence directe, les meilleurs joueurs européens et du reste du monde finissent par rejoindre la NBA où ils sont mieux payés et deviennent des vedettes. En France, Tony Parker en est le plus bel exemple, il joue depuis déjà treize ans en NBA et n'en est pas moins le joueur français le plus connu.

Tony Parker et les San Antonio Spurs sont champions NBA en titre

Historiquement, le basketball fut créé dans la ville de Springfield, Massachusetts, à moins de deux heures à l'ouest de Boston. Il s'est ensuite répandu à travers les États-Unis et le monde, en particulier via le YMCA (Young Men's Christian Association), association sportive qui existe encore aujourd'hui puisque j'y ai ma carte pour aller à la piscine. Mais la véritable globalisation mondiale du basketball est bien plus récente et date des années 1990. Le premier événement fut l'autorisation pour les joueurs professionnels de participer aux Jeux Olympiques. Voilà donc qu'en 1992 déboule la fameuse Dream Team aux J.O. de Barcelone avec tous les meilleurs joueurs de NBA de l'époque, Michael Jordan en tête, pour une exposition médiatique sans commune mesure. Jordan justement, il est peut-être la raison numéro un du regain de popularité du basket et de son exportation à travers le monde. Je me souviens quand j'étais en primaire et au collège, tout le monde ne jurait que par lui, c'était la star ultime. En France, le basket se résumait à Michael Jordan et son équipe des Chicago Bulls. Encore aujourd'hui c'est une sorte de Dieu absolu du basket. Il est peut-être la plus grande star de l'histoire du sport.

Si le basket est aujourd'hui très populaire dans le monde, on ne peut plus en dire autant dans ses terres historiques, à savoir le Massachusetts et plus généralement le nord-est des États-Unis. Les Boston Celtics, équipe la plus titrée de la NBA et même de tous les sports américains avec dix-sept championnats, sont en reconstruction depuis deux ans et enchaînent les défaites. Du coup il n'y a aucun engouement autour de l'équipe depuis je que suis arrivé l'an dernier. On peut étendre le constat à New York, Philadelphie et Washington. Le basket est dorénavant plus populaire dans le sud, le centre et l'ouest du pays. Los Angeles est par ailleurs la seule grande ville américaine où le basket est actuellement le sport majeur. Même Chicago a perdu ce statut depuis que les Bulls sont redevenus une équipe normale (c'est à dire sans Michael Jordan).


NBA finals 1998, score 85-86, 6 secondes à jouer : Michael Jordan

Mais le basket reste un sport très important aux États-Unis et pour deux raisons. Déjà, et ce n'est pas rien, il est le sport d'équipe le plus pratiqué par les Américains lambda. J'en parlais dans mon article sur le soccer, le basket est le seul autre sport où l'on peut organiser facilement un match entre potes. Je le vois régulièrement au YMCA lorsque je vais nager, il y a toujours des matchs de basket dans le gymnase avec des gens de tous âges et de toutes origines. En ce sens, il est le sport populaire des Américains, comme le foot chez nous.

L'autre raison est l'importance du basket dans le monde universitaire. Il s'agit du sport le plus populaire dans les college avec le football US, à tel point que les finales universitaires rassemblent un nombre de spectateurs américains comparable aux finales NBA. Ce classement des équipes les plus populaires par État (qui n'est qu'un classement parmi d'autres), montre bien l'importance du sport universitaires, particulièrement le football US mais aussi le basket.

Le hockey sur glace

La première chose à dire sur le hockey est qu'il ne s'agit pas d'un sport américain. En effet, lorsqu'on parle de la NHL (National Hockey League), le National correspond initialement au Canada. Et oui, ce sport a été codifié, entre autres, par nos descendants Français émigrés au Québec et plus précisément à Montréal. D'ailleurs, là-bas on ne parle pas de NHL mais de LNH : Ligue Nationale de Hockey. La ligue elle même a été créée à Montréal en 1917. Rapidement, le sport s'est répandu aux États-Unis et plus particulièrement la région nord-est proche du Québec. Les Bruins de Boston furent la première franchise américaine créée en 1924, et sont toujours là aujourd'hui.

Si le hockey est extrêmement populaire au Canada, la situation est plus mitigée aux États-Unis. Il est généralement considéré comme le dernier des quatre sports historiques (baseball, foot US et basket en plus du hockey) et se voit rattraper à vitesse grand V par le nouveau venu : le soccer. En vérité, le hockey est un sport dont la popularité est inégalement répartie sur le territoire. Ici dans le nord-est, il est très populaire et je vois autant de casquettes des Bruins que des Red Sox ou des Patriots. Idem à Chicago, Pittsburg ou encore New York. Ce n'est pas le cas dans le reste du pays où l'influence Canadienne est bien moindre. Sur trente équipes de NHL, sept sont Canadiennes et quinze concentrées dans le nord-est américain. Les huit restantes se trouvent en Californie, Floride, Texas, Arizona et Colorado. Dernière anecdote sur la NHL : à cause de la seconde guerre mondiale, beaucoup d'équipes ont fait faillites. En 1942, il n'en restait plus que six qui ont joué entre elles pendant vingt-cinq saisons et sont devenues très populaires. On les surnomme les Original Six, les voici : Boston Bruins, Canadiens de Montréal, Toronto Mapple Leafs, Detroit Red Wings, Chicago Black Hawks et New York Rangers.

Répartition des équipes de NHL

Une chose que l'on sait moins est que le hockey est également très populaire en Europe. Comme pour le continent américain, il faut se rendre dans les régions aux hivers rigoureux : Scandinavie, République Tchèque, Russie et Suisse. Même en France le sport se pratique à un niveau correct avec la ligue Magnus qui comporte une majorité d'équipes situées dans l'est du pays, et plus particulièrement les Alpes. La globalisation du sport fait que les meilleurs joueurs européens se retrouvent à jouer en NHL. À Boston par exemple, le gardien vedette se nomme Tuukka Rask ; il faut au moins être Finlandais pour avoir un nom pareil... Cependant, les Canadiens restent majoritaires parmi les joueurs et comptent pour environ 30% des effectifs globaux.

Revenons aux Bruins de Boston, qui ont remporté le titre NHL en 2009 après trente-neuf ans de disette. Je vois encore des posters en vente et des plaques sur les voitures pour célébrer ce titre. Les Bruins ont une certaine rivalité avec les Rangers de New York, mais la plus grosse rivalité du hockey toutes équipes confondues oppose les Bruins aux Canadiens de Montréal. Le plus gros représentant francophone contre son plus proche concurrent américain. Les deux équipes se haïssent et les avant-matchs sont particulièrement houleux. L'an dernier j'étais justement à Montréal durant la série de play-off contre les Bruins, d'où l'ambiance assez incroyable (les Canadiens ont gagné). Peu de temps après j'ai voyagé à Chicago pile-poil pour voir jouer l'équipe locale des Black Hawks contre les Los Angeles King en finale de conférence. Là aussi super ambiance dans les bars. L'autre finale de conférence opposait les New York Rangers (avec écran géant dans Central Park) aux Canadiens de Montréal avec ce très bon match en résumé. Si finalement les Los Angeles Kings ont remporté le titre, je peux vous dire que l'engouement entre Boston, New York, Montréal et Chicago n'avait rien à envier aux autres sports locaux.

Les Canadiens sont double champions olympiques de hockey

Ah mais tiens, je n'ai pas parlé des règles... Tout simplement car il n'y a pas grand chose à dire. Le sport est assez simple : six joueurs par équipe (un gardien, deux défenseurs et trois attaquants), des buts et un palais (appelé rondelle par les Québécois). Je vous épargne les règles de hors-jeu, de pénalité et de remplacement, trop compliquées à expliquer, même moi je n'ai pas encore tout bien compris. Pourtant elles sont assez importantes dans le déroulement des matchs. D'ailleurs si le hockey parait simple au premier abord, il faut regarder un certain nombre de matchs avant d'en comprendre les subtilités. L'an dernier à la même époque, j'étais allé voir un match des Bruins et j'avais trouvé ça bof car je ne connaissais pas assez le sport. Durant les play-offs en avril dernier et lors de mes différents voyages, j'ai beaucoup apprécié regarder les matchs. Même plus que le basket !

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