"Yeah"
En 2010, lorsque nous sommes allés à New York fêter Noël en famille, le départ fut un peu rock & roll : une grosse tempête de neige sévissait sur Paris entraînant l'annulation de nombreux vols. Nous voyagions avec American Airlines et notre avion devait arriver des États-Unis pour ensuite repartir dans l'autre sens avec nous à bord. En raison de la neige, il dû faire étape ailleurs (Barcelone je crois), attendre que les conditions s'améliorent avant d'enfin rallier Roissy. Nous avons attendu des heures dans l'aérogare, les informations arrivant au compte goûte. C'est alors que les Américains, nombreux parmi les voyageurs, ont fait démonstration d'un trait de leur culture que j'adore.
En effet, un type lambda est monté sur un chariot et a pris la parole devant tout le monde. En anglais, il a dit quelque chose de ce genre : "Notre avion est à Barcelone et devrait finir par arriver. De toute façon les vols transatlantique sont prioritaires dans ce genre de situation, qui plus est avec une compagnie américaine. Pas d'inquiétude, nous allons rentrer chez nous !". Il fallait entendre fuser les "Yeah" et autres applaudissements. C'était comme une communion entre tous ces Américains, un moment de partage pour se remonter le moral tous ensembles. En plus il avait raison, on a fini par partir.
La rando sous la pluie
Depuis quatorze mois que je suis ici, je ne cesse de retrouver cet état d'esprit. Mieux, je fini moi même par l'adopter progressivement. En premier lieu, il y a cette facilité de conversation typique des Américains. Dans un bar, dans la rue, à la montagne, partout, des inconnus engagent des conversations car c'est la normalité. On introduit avec "Hey, how is it going?" ou "Hi, how are you?" avant d'enchaîner sur n'importe quel sujet. Pour moi qui suit d'un naturel réservé, c'est une expérience extrêmement enrichissante. Je me retrouve à engager des conversations avec de parfaits inconnus !
Autre situation : faire ou ne pas faire quelque chose. L'Américain décide très vite, il fait (le plus souvent) ou il ne fait pas, mais il ne tergiverse pas des heures, pour le meilleur ou pour le pire. Je commence à ressentir cette influence. Par exemple aujourd'hui samedi, je souhaitais aller voir les feuillages d'automne dans le New Hampshire. Je me suis réveillé à 6h, la météo annonçait de la pluie toute la journée. J'ai regardé dehors et j'ai dit : j'y vais. Deux heures de voiture plus tard, j’atteignais les White Mountains ne sachant pas trop quoi y faire. Je suis arrivé sur un parking, j'ai vu des gens partir en randonnée avec l'équipement complet, j'ai regardé le plan et estimé la distance à dix kilomètres. Je n'avais aucune idée de la difficulté, j'ai hésité, j'ai mis ma casquette des Red Sox et j'ai dit : j'y vais !
Je n'ai pas été déçu du voyage, il a plu quasiment l'intégralité des quatre heures de cette randonnée, qui plus est sacrément raide par moments. Finalement j'ai parcouru les 15.7 km de la Hancock Mountain et je me suis éclaté. J'ai pris l'air (surtout au sommet), j'étais dans la nature, j'ai croisé quelques randonneurs avec qui j'ai parfois discuté. L'un d'eux m'a dit tel quel : "You gotta go whenever you can" lorsque j'ai abordé les conditions météo. Le type venait du sud de Boston, non loin du Cape Cod, à trois heures de voiture !
Tenez, j'ai ramené des images et même une vidéo vite-fait avec une superbe saturation lumineuse (tant pis). Au retour je me suis arrêté à Concord, la capitale du New Hampshire, que vous verrez à la fin du diaporama :
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