J'ai traîné un peu mais voici enfin dans le récit de mon voyage de quatre jours au Québec. Nous sommes partis le mercredi 30 avril après le travail avec deux collègues, Karen et Carol, ainsi que la sœur de la première et le frère de la seconde, soit cinq personnes en tout. Ma voiture était pleine pour ce voyage de 5h30 entre Boston et Montréal, de nuit et sous une pluie battante, avec bibi intégralement au volant...
Nous avons franchi la frontière à minuit et autant dire qu'en pleine semaine, nous étions la seule voiture à se présenter. Avec deux passeports jamaïcains, un colombien, un américain et un français, nous n'avons pas échappé à la fouille intégrale de la voiture (bagages compris). Après ce contretemps, nous sommes finalement arrivés à Montréal où nous sommes restés deux jours et trois nuits dans un hôtel avec sauna et piscine, dont j'ai bien évidemment profité.
Montréal
N'ayant jamais mis les pieds au Canada auparavant, je découvrais Montréal et le Québec pour la première fois. Il convient de souligner que contrairement à la majorité des Français visitant le Canada, je suis arrivé directement depuis les États-Unis après neufs mois de vie américaine. Du coup, le dépaysement est d'avantage venu de la culture d'origine française que j'étais bien content de retrouver (j'ai mieux mangé en quatre jours au Québec qu'en neuf mois aux States), plutôt que de l'influence nord-américaine que je vis déjà au quotidien. Enfin, j'étais accompagné de quatre personnes n'ayant jamais mis les pieds en Europe, donc j'ai fait le guide culturel et l'interlocuteur privilégié avec les autochtones. Si vous visitez Montréal un jour, je conseille vivement de se rendre au centre d'information touristique. C'est très bien organisé, on prend un ticket et, à son tour, on se rend au guichet avec un interlocuteur dédié. Pour moi la conversation a duré un bon quart d'heure et nous avons fait le tour de tout ce que nous souhaitions visiter, point par point, non seulement à Montréal mais aussi dans la ville de Québec. Je suis reparti avec toutes les cartes et guides nécessaires.
Montréal donc, cette ville tant vantée par les jeunes (et moins jeunes) Français. Architecturalement parlant, la vieille-ville et le centre-ville sont intéressants, mais le style béton des années 60 a malheureusement fait quelques ravages dans le reste de l'agglomération. Sur l'aspect historique, il y a bien quelques musées et bâtiment d'époques, mais ce n'est pas comparable avec la ville de Québec qui était la capitale de la Nouvelle-France et dont je parlerai plus tard. En revanche, j'ai bien compris l'attrait très particulier de Montréal : c'est la ville francophone d'Amérique du Nord. Je m'attendais à trouver une ville bilingue, à mi-chemin entre les influences européennes et américaines, mais j'ai surtout vu une ville d'aspect plutôt nord-américaine dans laquelle on ressent en permanence l'affirmation de la culture canadienne-française. Un accès privilégié pour nous autres Français à la vie nord-américaine, mais sans les Américains et leur way of life.
En me renseignant sur Internet, je suis rapidement retombé sur le discours du général De Gaulle de 1967, en pleine période d'émancipation du Québec. Si vous ne l'avez jamais vu, je conseille de le regarder en vidéo, car il fallait au moins s'appeler De Gaulle pour oser lancer un "Vive le Québec libre !" directement depuis l'Hôtel de Ville de Montréal. Un Hôtel de Ville dont la description du guide fourni par l'office du tourisme commence par : "Érigé entre 1872 et 1878, il est la proie des flammes en 1922. Et en 1967, c'est de son balcon que le général De Gaulle, alors président de la France, lança son combien célèbre Vive le Québec libre!". Ceci en dit assez long sur l'identité culturelle revendiquée du Québec.
En me renseignant sur Internet, je suis rapidement retombé sur le discours du général De Gaulle de 1967, en pleine période d'émancipation du Québec. Si vous ne l'avez jamais vu, je conseille de le regarder en vidéo, car il fallait au moins s'appeler De Gaulle pour oser lancer un "Vive le Québec libre !" directement depuis l'Hôtel de Ville de Montréal. Un Hôtel de Ville dont la description du guide fourni par l'office du tourisme commence par : "Érigé entre 1872 et 1878, il est la proie des flammes en 1922. Et en 1967, c'est de son balcon que le général De Gaulle, alors président de la France, lança son combien célèbre Vive le Québec libre!". Ceci en dit assez long sur l'identité culturelle revendiquée du Québec.
Pour rentrer d'avantage dans le détail de nos deux jours passés sur place, nous avons visité la vieille-ville et le vieux-port le premier jour après un réveil tardif. Le lendemain matin, nous sommes montés sur le Mont Royal, le grand parc de la ville, pour profiter de la vue. Malheureusement, le printemps ne faisait que commencer au Canada et l'ambiance était plus à la fin de fonte des neiges qu'aux grandes étendues vertes. L'après-midi, j'ai fait le musée historique Pointe-à-Callière avec un bon film de vingt minutes expliquant les origines de la ville, puis un tour dans le site archéologique sur lequel est fondé le musée. Pendant ce temps, mes collègues ont fait le Biodôme, un parc botanique qui là-aussi doit être bien plus intéressant en pleine saison. Le soir, nous sommes allés au casino sur l’Île Notre Dame, un bâtiment immense de quatre étages dans lequel je n'avais jamais vu autant de tables de jeu (bon je ne suis jamais allé à Vegas). Et non, je n'ai pas joué, un peu intimidé que j'étais par l'immensité du lieu.
A noter enfin que le sport national est sans conteste le hockey. Hasard des choses, nous étions sur place durant la série de play-off opposant les Canadiens de Montréal aux Bruins de Boston. La ferveur était au rendez-vous et les drapeaux des Canadiens de Montréal flottaient sur de nombreuses voitures et même sur l'Hôtel de Ville. J'ai aussi appris au passage que les Québécois disent Boston avec le "on" à la française, surprenant.
La ville de Québec
Le samedi matin, nous avons quitté Montréal pour la ville de Québec, à 2h30 de route de là. Plutôt que de nous arrêter directement dans la ville, nous sommes allés voir la chute de Montmorency toute proche. Elle est plus haute que les chutes du Niagara, mais aussi beaucoup moins large (d'où l'emploi du singulier). Elle reste impressionnante à voir sauf que, encore une fois, la saison ne s'y prêtait pas vu que le centre de visite était en rénovation... Nous avons tout de même pu prendre les cabines pour monter en amont de la chute et traverser le pont qui la surplombe, mais ça manquait quelque peu d'activités et d'information.
Ensuite nous sommes allés à notre hôtel et, n'ayant rien mangé jusque là, nous nous sommes arrêtés dans un restaurant spécialisé dans le poulet (une chaîne). Il était alors 16h, soit un déjeuner tardif, ce qui a fait rire la serveuse quand je lui ai dis. Car effectivement, une demi-heure plus tard, les premières personnes (âgées) ont commencé à se pointer pour le dîner. À 17h30 quand nous sommes partis, le restaurant était bondé et il y avait dix mètres de file d'attente. Même en Angleterre ou en Irlande, je n'ai pas souvenir d'avoir vu un resto plein aussi tôt, un samedi soir qui plus est !
Passons à la ville de Québec qui constitue un vrai voyage dans l'histoire de cette ex-province française. Après un premier tour dans la ville le samedi soir pour aller boire un verre dans le Voodoo Bar, un lieu original avec une décoration très réussie, nous avons fait le tour de la ville fortifiée le dimanche. Alors là d'accord, ça vaut clairement le détour. Entre les petites rues d'époque, les maisons, les statues, les églises, la citadelle, les remparts et surtout le château de Frontenac, c'est vraiment impressionnant et chargé d'histoire. Nous avons fait le musée du Fort qui présente, via une maquette, les batailles décisives entre Français et Anglais de 1759 et 1970 qui ont valu à la Nouvelle-France de passer sous contrôle Britannique (those damn brits).
Juste à la sortie de la ville fortifiée se trouve le parc du Champs de Bataille qui est réellement le lieu des combats décisifs dont je viens de parler, ainsi que le Parlement du Québec qui lui aussi en jette pas mal. Chose assez notable, il ne flotte qu'un seul et unique drapeau sur cet Hotêl du Parlement : le drapeau Québécois. Sur le bâtiment se trouvent également les statues des Grands Hommes ayant participé à la fondation du Québec, Jacques Cartier en tête, et devant une plaque expliquant l'origine du titre de cet article : Je me souviens, qui est la devise du Québec.
Nous sommes finalement repartis vers 16h pour 6h30 de route vers Boston, encore une fois sous la pluie et partiellement de nuit. Mais nous sommes bien arrivés et cette escapade au Québec restera comme un très bon souvenir de mon périple nord-américain, malgré un temps que vous aurez deviné mitigé. À défaut de rentrer en France, j'ai pu me ressourcer avec une culture proche de la notre et apprendre pas mal de choses sur l'histoire de la Nouvelle-France puis du Québec canadien. Dans dix jours, je pars en week-end de trois jours à Chicago, j'aurais encore l'occasion de raconter mes aventures !
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