12 avril 2014

Mi-chemin (ou presque)

Oui, je sais, ca fait longtemps que je n'ai rien écrit. Figurez-vous que depuis bien trois semaines, j'essaie de me motiver et je finis inlassablement par jouer à Battlefield... Mais ce soir c'est la bonne, nous sommes vendredi, il est 18h passé, le week-end est là. J'ai sorti une petite bière du frigo (une Bud Light, de la bière pour fille légère), des chips, je branche le clavier français et c'est parti !

Winter is comin... over !

L'avantage d'avoir attendu, c'est que j'ai pas mal de choses à raconter et je vais commencer avec l'hiver qui s'est enfin achevé. Les plus branchés auront reconnu la référence à Game of Thrones dans l'inter-titre. L'occasion était trop belle avec la saison 4 qui vient de commencer, mais j'en reparlerai plus tard.

L'hiver donc, le fameux hiver rigoureux que l'on me promettait. Et bien oui : "c'est pas faux" comme dirait Perceval. Début janvier j'écrivais que ce n'était pas si terrible, mais je me suis fait avoir à l'usure. Je n'ai jamais autant apprécié le retour de températures clémentes et la possibilité de pouvoir enfin tomber les gants, le bonnet et le gros manteau. Car le vrai problème n'est pas la neige, même avec une demi-douzaine de tempêtes, mais bien le froid. Et je ne parle pas des extrêmes ; nous sommes descendus ponctuellement dans les -20°C, mais c'était au contraire plutôt rigolo. Non ce qui use, c'est d'être en permanence 10°C en dessous des températures parisiennes. Durant trois mois, entre mi-décembre et mi-mars, la température standard en journée se situe entre -10°C et 0°C, quand à Paris elle est plutôt entre 0°C et 10°C. Avec ces degrés d'écart, ce n'est pas la même histoire. Les vélos et les jogger, si nombreux durant la belle saison, disparaissent totalement. Il n'est plus question de sortir sans être bien couvert, ce qui n'est pas super motivant. Les gens restent donc terrés chez eux, ce que j'ai également fait, sports d'hiver mis à part. Trois mois comme ça, c'est très long. Je me souviens de l'hiver dernier en France qui c'était un peu étendu dans la durée, les gens en avaient marre. Ici c'est la norme tous les ans, et cette année était pire que d'habitude avec le froid qui a duré quatre mois, de début décembre à fin mars.

Le côté positif est évidemment le ski, ou plutôt le snowboard. J'y suis allé au total douze fois, soit deux fois plus que tous mes autres collègues qui n'étaient pas toujours présents. J'ai aussi fais trois voyages avec mon colocataire Jesse. Je dis "voyage" car il faut prendre la voiture à chaque fois et rouler au moins deux heures à l'aller, puis au retour. Au total, j'ai du faire cinquante heures de bagnole juste pour rallier les stations et rentrer. Mais ça en valait la peine car je suis très content de ma progression en snowboard ; c'était l'objectif en amenant mon matériel de snowboard ici. J'ai découvert de nouvelles sensations excellentes et j'en suis d'autant plus content que l'apprentissage (en France principalement) fut plutôt pénible, étant habitué à passer partout en ski. Le dernier jour je me suis une pris une belle gaufre qui m'a valu des bleus au cou, au dos et au poignet pendant une semaine, mais il faut bien souffrir un peu hein !

L'année prochaine j'aimerai bien trouver un moyen de récupérer mon matériel de ski pour aller faire un tour dans les grandes stations des Rocheuses. Nous verrons bien. Un dernier mot pour revenir sur ce que je disais dans un précédent article sur les stations américaines qui m'avaient l'air d'être privées. C'est bien le cas, un pisteur me l'a confirmé sur un télésiège. La station dans laquelle j'étais a été rachetée par un groupe du Colorado quelques années auparavant et ils tentaient de rassembler le budget pour construire un nouveau télésiège, essentiellement sur fonds privés donc. Enfin qui dit hiver terminé, dit printemps, et avec lui la pluie... Il pleut environ tous les trois jours, parfois en continu. La semaine dernière, il a fait gris trois jours ce qui a mis le moral des Américains dans les chaussettes. Je leur ai dis "Ne venez pas à Paris alors !". Les températures grimpent très vite, il gelait encore la semaine dernière au petit matin, mais pour ce week-end ils annoncent plus de 20°C. Il fera bientôt trop chaud !

Entertainment culture

Un autre sujet que je voulais abordé est la culture de l'entertainment à l'américaine. Je parlais de Game of Thrones précédemment qui est une série très populaire ici, encore plus qu'en France, mais ce dont je veux parler plus précisément, c'est à quel point ceci est ancré dans la culture américaine, alors qu'en France j'ai parfois l'impression que c'est importé (des États-Unis).

Le plus visible est certainement la musique. Le rock'n'roll n'est pas juste un genre musical ici, c'est une partie de la culture. Lorsque je rentrerai en France, les bars américains me manqueront. Le bar fait autant parti de la culture américaine que le café de la culture française. On y trouve des gens de tous âges, tout le monde parle et rigole avec tout le monde. Il n'y a aucune barrière, on boit, on s'amuse... et on écoute de la musique. Du rock'n'roll, du jazz, de la country, ça dépend des bars. Mais attention, il s'agit de live ! Les soirs de week-end, il y a toujours un groupe local pour reprendre les grands classiques avec un niveau... oulala, impressionnant. L'autre fois à Killigton dans un bar après le ski, le groupe a repris Sultan of Swings de Dire Straits. C'était comme avoir Mark Knopfler devant soit, incroyable ! Il est aussi très appréciable que les gens connaissent les paroles (et oui, c'est de l'anglais). Have a Cigar de Pink Floyd en Live avec tout le monde qui chante, ça vous file des frissons.

Mais l'expression de la culture musicale américaine ne se limite pas aux bars, on la trouve aussi en particulier dans le métro. À chaque fois que j'ai pris le métro pour me rendre dans Boston, j'ai croisé un mec ou un groupe jouant de la musique avec un niveau bien supérieur à ce que l'on voit dans le métro parisien. Tenez par exemple, regardez-moi cette vidéo d'un live en plein métro New-Yorkais. Les gens sont à fond, on entend des yeah  des come on, la musique est originale et excellente. C'est ça la culture de la musique à l'américaine, c'est autre chose que Christophe Maé !

Un autre domaine d'expression de l'entertainement  américain est l'écran, qu'il soit petit avec les séries ou grand avec le cinéma. Je le dis franchement, 95% des films et séries que je regarde sont originaires des États-Unis. Par exemple cette semaine, j'ai rattrapé de gros manquement en regardant Douze Hommes en Colère et Dr Folamour, deux films américains géniaux. Ce goût que j'ai pour les productions US (qui vient en grande partie de mon ami d'enfance Nicolas, puisse-t-il me lire un jour) a grandement participé à mon envie d'aller voir par moi même cette vie américaine. Souvenez-vous dans mon article sur Miami lorsque je parlais de Scarface. Pour moi, Miami raisonne à travers Scarface (ainsi que le jeu vidéo GTA Vice City), New York à travers le Parrain, Taxi Driver, Mad Men ou encore GTA IV. Aujourd'hui, j'ai envie de visiter Baltimore à cause de la série The Wire (Sur Écoute chez nous) qui dépeint en cinq saisons d'une qualité top-niveau les dessous de cette ville américaine. J'ai envie d'aller me perdre dans l'Amérique profonde du Dakota du Nord ou du Texas pour voir des mes yeux cette ambiance surréelle présentée par les frères Coen dans Fargo et No Country for Old Men.

Ces films et séries dont je viens de parler - et je pourrais en citer d'autres comme Breaking Bad (il fallait que je la cite) - font partis de la culture américaine et sont d'ailleurs bien plus populaires ici qu'en France. Pour une raison qui m'échappe un peu, c'est le genre de fiction que j'apprécie, bien d'avantage que les films français voguant entre le policier avec Daniel Auteuil et le romantique avec Sandrine Kimberlain, quand tout ceci n'est pas mélangé... Aller j'exagère un peu, on arrive aussi à fait des trucs bien, mais comme dirait Perceval : Sire, Sire, on en a gros (du cinéma français) !

Mi-chemin

Pour terminer, je reviens sur le titre de cet article : mi-chemin. Oui car le 1er mai, cela fera déjà neuf mois que je serais ici, ce qui me permet de dire, grâce à des études scientifiques poussées, que je suis à mi-chemin (ou presque) de mes dix-huit mois de présence. Je ne vais pas faire de bilan, je garde ça pour la fin, mais je peux au moins dire que cette expérience est toujours aussi enrichissante. Je suis vraiment heureux d'être ici, mais je sens aussi que je serais bien content de rentrer à la fin. Niveau boulot également tout se passe très bien, j'ai la confiance des gens avec qui je travaille et je suis sur des projets intéressants où je peux prendre des initiatives et travailler comme je sais le faire. Je suis un peu plus en contact avec les clients, mais aussi avec la branche française de Sefas qui développe les produits. Les journées passent toutes seules en ce moment.

Sur un tout autre sujet, mon colocataire Jesse est parti ce matin pour trois semaines en Amérique Centrale (il atterrit au Salvador, ensuite il se balade). Dans son américanisme total, il a fallu que je lui explique comment se rendre à l'aéroport en transports en commun, chose qu'il n'avait encore jamais fait ! De mon côté je vais faire un week-end prolongé de quatre jours au Québec début mai avec des collègues de travail. Ça va être bien chouette et va me permettre de faire une coupure en cette période sans congé. Je sauvegarde des jours pour cet été quand tout le monde viendra me rendre visite, puis pour septembre quand je reviendrais en France. Je vais peut-être aussi profiter du week-end prolongé du Memorial Day (fin mai) pour aller visiter Chicago ou Washington, à voir.

Et voilà, il est 19h30, j'ai dis tout ce que j'avais à dire. La prochaine fois que j'écrirais, ce sera surement pour raconter ma balade au Canada. Ou alors pour parler du football US, ça fait longtemps que je veux écrire là-dessus.

PS : après relecture, il est 20h. Maintenant, je vais jouer à Battlefield !

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